Description
L’organisation institutionnelle de la communauté catholique hongroise de Chicago a débuté au début du XXe siècle, lorsque la paroisse Notre-Dame-des-Hongrois a été fondée en 1903 dans le sud de la ville ; elle peut être considérée comme la première paroisse hongroise à avoir fonctionné de manière permanente dans la région. La formation de cette communauté était étroitement liée à la vague d’immigration industrielle qui attira un nombre important de travailleurs hongrois dans les quartiers industriels de Chicago et rendit nécessaire l’organisation d’un accompagnement pastoral dans la langue maternelle. La paroisse a été dirigée pendant longtemps par Mgr Ernő Horváth, qui a assuré le fonctionnement stable de la communauté pendant près de vingt-cinq ans, tandis que l’église servait non seulement de centre religieux, mais aussi de lieu de préservation de l’identité. Entre les deux guerres mondiales, cependant, la population hongroise s’est progressivement déplacée vers le nord-ouest, ce qui a entraîné le déclin, puis la disparition de la paroisse du sud, ses fidèles s’intégrant dans les communautés nouvellement constituées.
Dans la partie nord-ouest de la ville, les fidèles hongrois se réunissaient déjà entre 1930 et 1932 dans une église louée, où le premier ministère pastoral fut assuré par le père Ferenc Grossz, puis par le père István Nagy. La paroisse autonome a été officiellement fondée en 1934 sous le patronage du roi Saint Étienne, ce qui exprimait à la fois l’unité de l’identité religieuse et nationale. Le premier curé fut le père Imre Kasztovszky, qui dirigea la communauté entre 1934 et 1938 ; il fut brièvement suivi par le père Jakab Wildinger, qui décéda cependant la même année. À cette époque, les fidèles projetaient déjà la construction de leur propre église dans le quartier du boulevard W. Augusta, projet qui se concrétisa rapidement et devint le nouveau centre de la vie catholique hongroise à Chicago.
Une période déterminante dans l’histoire de la paroisse fut marquée par le ministère de plus de trois décennies et demie du père József Magyar, entre 1938 et 1974, période durant laquelle la communauté s’est renforcée tant sur le plan organisationnel que culturel. L’église a été consacrée en 1939 par le cardinal Samuel Stritch, ce qui a constitué une reconnaissance solennelle de la présence catholique hongroise de la part du diocèse. En raison de l’augmentation du nombre de fidèles, l’église a été agrandie en 1954 et un espace communautaire a été aménagé au sous-sol, qui est devenu un lieu important de la vie sociale et culturelle. C’est à cette époque qu’une vie associative animée s’est développée, dans le cadre de laquelle fonctionnaient la Congrégation Sainte-Thérèse, l’Association de l’autel Sainte-Élisabeth et la Société du Saint-Nom, tandis que la communauté ne se contentait pas de servir ses propres membres, mais venait également en aide aux personnes dans le besoin en Hongrie, en particulier pendant les guerres mondiales, et entretenait des liens étroits avec d’autres communautés catholiques ethniques, notamment les Polonais et les fidèles anglophones.
Une nouvelle ère a commencé en 1974, lorsque le moine prémontré P. Dr. Mihályi Gilbert OPraem est devenu curé ; il s’est délibérément efforcé de préserver l’identité hongroise dans un contexte d’assimilation croissante. Au cours de son mandat, il a organisé une école hongroise, créé une bibliothèque et encouragé le développement de la vie communautaire et culturelle, tandis que la paroisse restait un lieu de rencontre important pour les Hongrois de la diaspora. La visite de József Mindszenty à Chicago a constitué un événement marquant, qui a revêtu une importance déterminante pour la communauté non seulement sur le plan religieux, mais aussi sur le plan national. Il a été suivi par le père András Eördögh SJ, qui a exercé son ministère entre 1987 et 1991 et a procédé à d’importantes transformations de l’église et de la paroisse ; puis, en 1991, Attila Miklósházy a rendu visite à la paroisse, ce qui a de nouveau renforcé les liens avec la hiérarchie ecclésiastique hongroise. Entre 1991 et 1998, la paroisse a été dirigée par le père József Somos, qui a enrichi la vie liturgique par ses activités musicales, avant de retourner en Hongrie pour des raisons de santé.
Au début du XXIe siècle, la situation de la communauté a considérablement changé lorsque, en 2000, le père László Vas a été nommé administrateur, alors que le nombre de fidèles diminuait et que le processus d’assimilation s’accélérait. Les réformes structurelles générales de l’Église catholique américaine, en particulier la fusion et la suppression des paroisses ethniques, ont également touché la communauté hongroise de Chicago, et l’ancienne vie paroissiale hongroise autonome s’est progressivement fondue dans l’organisation ecclésiastique locale. Après le départ de László Vas à Passaic, aucun nouveau pasteur hongrois n’est arrivé ; le père Alfonz Skerl apporte son aide de temps à autre, mais le responsable de la paroisse est devenu un prêtre américain, tandis que la communauté hongroise a subsisté.
Le 18 mars 2021, sur décision de l’archevêque de Chicago, le statut de paroisse autonome a été supprimé.
L’archidiocèse de Chicago constate que les changements démographiques, ainsi que la diminution du nombre de fidèles et de leurs moyens financiers, ont eu un impact significatif sur le fonctionnement de la paroisse. Ces circonstances ont rendu nécessaire la révision et la restructuration de la paroisse.
Sur cette base, l’archevêché a décidé, dans le cadre du programme « Renew My Church », de supprimer la paroisse Saint-Étienne (extinct parish), c’est-à-dire que son statut de paroisse autonome prend fin.
Cependant, la prise en charge pastorale de l’église et de la communauté ne prendra pas fin complètement :
l’ancienne paroisse continuera à fonctionner en tant que mission, qui continuera à servir les fidèles hongrois, en accordant une attention particulière au maintien de la liturgie en langue hongroise.
La décision stipule que :
1. la personnalité juridique de la paroisse prend fin,
2. les biens et les obligations de l’Église sont transférés à la structure désignée par l’archevêché,
3. le service pastoral se poursuit sous une nouvelle forme, dans un cadre missionnaire.